Séjour au Cœur de Tariquia
- 2 févr. 2017
- 3 min de lecture
Après une première incursion dans le Nord de la réserve dans la communauté de Salinas, me voilà maintenant parti en Direction du Cœur de la Reserve de Tariquia pour un séjour de 5 jours. En compagnie d’apiculteurs et d’habitants de la réserve, dans un taxi 4x4 rempli, nous prenons la Direction de la Réserve. Le chemin qui permet aux véhicules de se rendre à l’intérieur de cette partie de la Réserve n’est ouvert que depuis un an. 3h sur ce sentier de montagne caillouteux, le franchissement d’un col à 3600 mètres d’altitude et de quelques rivières sont nécessaires pour atteindre la première communauté : Pampa Grande. Une fois arrivé à ce point relais tout le parcours se fera à pieds accompagné d’un âne, ou mieux, d’un cheval (ce dernier se loue 50 Bolivianos la journée, l’équivalent de 7€).
Au programme, visite des apiculteurs de 4 communautés : San Pedro, Motovi, Volcan Blanco, Pampa Grande. Les communautés sont installées dans des paysages bien plus forestiers qu’à Salinas. Chaque communauté est séparée par des fleuves ou des crêtes montagneuses. 2 heures de marche au minimum sont nécessaires pour se rendre de l’une à l’autre (2h pour un européen peu habitué à crapahuter sous une température de plus de 30°c, les gens d’ici ont un rythme bien plus rapide !). L’approche d’une communauté se remarque tout d’abord par la présence plus importante d’animaux d’élevages : vaches, poules et autres cochons qui se promènent librement et enfin par la présence de cultures : maïs, manioc, canne à sucre. Le règlement de la réserve dans ces zones se révèle relativement permissif puisque, si l’exploitation des ressources à usage commercial est interdite (exploitation de bois notamment), la mise en place de culture de subsistance est autorisée. Ainsi je croiserai quelques zones récemment défrichées au profit de plantation de maïs. La communauté se présente la plus souvent comme un regroupement (tout relatif) d’habitations autour d’un espace de pâturage commun.
Chaque communauté offre des écosystèmes d’apparences similaires mais, bien souvent, avec des variations en termes d’essences florales et de période de floraisons : tous sont favorables à l’activité apicole. Depuis 20 ans le nombre d’apiculteurs et d’apicultrices n’a cessé de croître. Ces dernières sont d’ailleurs plus nombreuses que leurs homologues masculins. Au total, visite d’une dizaine d’exploitations. Le rucher n’est généralement pas facile d’accès, et une fois sur place il y’a du travail ! Mon guide, Leonardo, technicien apicole, effectue le contrôle sanitaire : objectif repérer la présence du Varroa. Cet insecte, véritable tique de l’abeille, infeste le couvain au sein de la ruche et peut être cause de l’affaiblissement, voire de la mort, de la colonie. Si l’apiculteur est chanceux et si les réserves en miel le permettent nous pouvons procéder à une récolte. Le miel récolté dans cette région est l’un des plus réputé de Bolivie pour ses qualités gustatives mais aussi pour sa diversité puisque chaque saison et chaque rucher va donner un miel différent en fonction de la flore présente. Chaque apiculteur dispose du matériel d’extraction à domicile.
Derrière l’apparent succès de l’apiculture, quelques observations sont à noter. Chacun semble constater une baisse de la production annuelle, ainsi qu’une réduction de la durée des floraisons et des températures plus élevées que la normale pour la saison. Tout cela depuis plusieurs années maintenant, ici aussi, le dérèglement climatique se fait sentir ce qui n’augure rien de bon…
























































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