Visite d'un Centre de formation agricole au Cameroun


Le développement de la formation agricole est un enjeu majeur pour le Cameroun, améliorer les techniques des points de vue écologique et productif, remédier à l’exode rural et assurer la sécurité alimentaire sont des questions prépondérantes. Les jeunes sont un public d’une grande importance pour faire évoluer les fonctionnements traditionnels, dans cette logique de nombreuses initiatives publiques mais aussi d’organisations locales et internationales ont vu le jour. Nous avons pu visiter l’une de ces initiatives : le Centre de Formation Agricole du village de Malen V. Ce centre est l’une des composantes d’un réseau composé d’une cinquantaine de CFA, soutenu notamment par des ONG internationale et des ONG locales. A Malen V, une vingtaine de jeunes, garçons et filles de 15 à 20 ans, suivent une formation en 3 ans basée sur une pédagogie de l’alternance, 3 moniteurs dispensent les cours. Dès leur première année les jeunes doivent trouver un maître de stage dans le milieu agricole, puis ils alterneront 2 semaines de stage et 2 semaines de cours. La base de cette pédagogie est de mettre en valeur l’expérience professionnelle comme base de départ pour dérouler le cours au centre lui-même intégrant théorie et pratique. L’importance de l’échange est grande, d’abord entre les élèves entre eux, ensuite avec leurs moniteurs puis entre les élèves et leur maître de stage ou leurs parents : les jeunes se font vecteurs de technique auprès des adultes déjà actifs.


Les techniques agricoles enseignées dans ces centres peuvent être qualifiées de techniques traditionnelles améliorées. Traditionnelles car elles s’inscrivent dans un milieu socio-économique existant, avec ses besoins et ses coutumes particulières, où existent déjà des techniques ancestrales. Enfin améliorées car elles intègrent des nouveaux savoirs, issus de recherches récentes, ainsi qu’une vision plus globale du milieu naturel en intégrant la notion de complémentarité au sein de l’environnement et l’idée d’un équilibre à ne pas bouleverser. Par exemple l’on pourra observer des champs où cohabitent trois cultures traditionnelles Manioc, Macabo (tubercule) et Arachide : les tubercules viennent notamment ombrager les arachides et ce trio donne une récolte continue sur l’année. Les produits chimiques ne sont pas utilisés au CFA, on peut parler d’agriculture écologique. Pour Malen V, l’intérêt de ces formations est avant tout de promouvoir un développement local, qui soit soutenable pour les populations et l’environnement. D’autant que le site est situé au Nord de la Réserve de Biosphère du Dja, certains élèves sont même issus de villages situés au sein de l’aire protégée. On comprend alors que l’intégration des activités humaines dans ce cadre stricte doit répondre à la règlementation en vigueur.


La particularité du CFA de Malen V est que c’est l’un des 6 qui a développé un programme d’enseignement en apiculture. Un formateur extérieur vient dispenser un enseignement à tous les élèves et quelques-uns ont même fait le choix d’en faire un projet professionnel à l’issue de la formation. L’école dispose d’un rucher pédagogique où sont utilisées des ruches Kenyanes (KTBH), les abeilles Mellifères assurent la pollinisation des 5 hectares du centre et bien au-delà. Le potentiel du site pour l’activité apicole est fort, grâce à la forêt tropicale environnante et à la Réserve toute proche. Une chose est sure : l’abeille a un rôle à jouer dans l’équilibre environnemental local et l’apiculture écologique s’inscrit parfaitement dans la démarche de développement pour les communautés rurales.


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