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L'Apiculture au coeur de la Ville


Cochabamba, 3ème ville de Bolivie et 3ème ville la plus polluée d’Amérique du Sud. C’est dire quelle a été ma surprise quand j’ai appris que l’apiculture urbaine a ici une place à part entière. Comme partout en Bolivie, l’apiculture n’est pas reconnue par les autorités publiques comme une véritable activité principale, la profession est très peu encadrée et protégée. On imagine alors les difficultés que les apiculteurs, qui plus est en zone urbaine, peuvent rencontrer : essaimage intempestif dans des lieux publics, ou plus simplement un voisin piqué qui s’empressera d’aller en mairie dénoncer, non l’abeille qui est morte dans la bataille, mais bien l’apiculteur le plus proche supposé propriétaire de la défunte butineuse! C’est bien pour cela que l’apiculture est une activité « oscura », cachée. Cependant, les apiculteurs sont nombreux : sur un balcon, dans un patio ou un jardin, les ruchers de quelques colonies sont légion à Cochabamba. Plus étonnant encore, le réseau d’apiculture est extrêmement développé. Tout le monde ici utilise pour communiquer l’application What’s App, des plus jeunes aux plus anciens : un groupe réunissant une centaine d’apiculteurs de la Ville permet le partage en direct des informations et des expériences d’apiculture. Mieux encore, régulièrement des apiculteurs proposent des visites de leur rucher, l’occasion de donner ou recevoir quelques conseils techniques de la part d’autres pratiquants. Comme me l’a dit un apiculteur ici,


J’ai eu la chance d’être invité à l’une de ces réunions. Située dans un quartier résidentiel sur les hauteurs de la Ville, la maison de notre hôte disposait d’une arrière-cour spacieuse mais bien encombrée ! L’apiculture y est une affaire de famille : le père, un homme d’environ 60 ans est charpentier ses deux fils d’une trentaine d’années se dédient à l’apiculture et à la conception d’équipements en bois pour l’élevage des abeilles. Environ 30 colonies d’abeilles africanisées vivent dans un petit espace derrière la maison, à quelques mètres de la rue. Le plus surprenant est de savoir que de la trentaine de ruches et ruchettes présentes, elles n’étaient qu’au nombre de 4, il y a 6 mois ! Une formation expresse sur internet, un investissement intensif et surtout les conseils des « companeros » ont permis cet essor fulgurant de ‘exploitation familiale. Cette rencontre montre à quel point l’apiculture apparaît comme une activité rentable, ce qui justifie des investissements en temps et en argent importants.


Pour beaucoup d’apiculteurs la ville est avant tout le lieu d’installation des ruchers de reproduction et de fécondation des Reines, comme c’est le cas pour la famille d’apiculteurs rencontrée. Les abeilles parviennent à récolter pollen et nectar dans la végétation urbaine mais surtout dans le Parc National Tunari, pour celles qui ont la chance d’être installées à proximité. Ce parc naturel dispose d’une zone tampon, ou frontière, qui a été totalement envahie par l’étalement urbain. Le Parc et la Ville se font directement face, et cette dernière empiète peu à peu sur le domaine naturel protégé. Ce cas illustre parfaitement les difficultés des pouvoirs publics à faire respecter la réglementation environnementale. La municipalité a récemment adopté un règlement interdisant toute construction sur des parcelles bordant la ville à l’altitude supérieure à 2670 mètres, problème : l’urbanisation a déjà gagné des altitudes supérieures ! Le conflit entre habitants et municipalité dure encore…

Paradoxalement, l’apiculture n’est pas une activité tolérée dans le parc, mais jusqu'à présent cette formalité réglementaire n’empêche pas les abeilles d’y butiner !


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